Oct 2019 810 450
11 octobre 2019

Commentaire financier du 11 octobre 2019

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Instabilité sur le front politique et croissance plus fragile : quelles conséquences ?

Environnement :

Les dirigeants américains et chinois font souffler le chaud et le froid sur l’économie mondiale ; il est aujourd’hui difficile de définir où et quand s’arrêtera cette confrontation, laquelle continue de peser fortement sur l’attitude des industriels qui, de ce fait montrent une retenue certaine dans leur programme d’investissement. La situation sur le front européen est également source d’inquiétude liée au destin du Brexit, alors que le délai de sortie de la Grande-Bretagne approche. Les hostilités en Syrie déclenchées par le président turc Erdogan représentent un facteur déstabilisant. Dès lors, force est de constater que les facteurs géopolitiques sontdes éléments avec lesquels les investisseurs devront encore longtemps compter dans leur processus de décision.

Paradoxalement, les chiffres du chômage récemment publiés aux États-Unis peuvent rassurer. Bien que la croissance du nombre d’emplois se soit ralentie, le chômage n’a jamais été aussi bas depuis 50 ans. Si les consommateurs sont toujours bien présents, le sentiment de ces derniers commence à montrer des signes de faiblesse, dans un contexte de dette relativement élevée.

Constat :

Il ne fait maintenant plus beaucoup de doute que le ralentissement des bénéfices des sociétés devient une réalité et que dans ce contexte, le niveau des valorisations devient élevé. Pourtant, il est intéressant de constater que les indices montrent une résistance certaine dans un environnement hostile, malgré des accès de volatilité ces dernières semaines. Les actions des banques centrales contribuent certainement à ce phénomène, notamment en Europe. Elles connaîtront néanmoins leurs limites et l’évolution des bénéfices des sociétés restera le seul juge, aussi les prix des actions pourraient s’ajuster à cette nouvelle réalité. Selon le consensus, une réaccélération des bénéfices est à attendre pour 2020. Dans l’intervalle, les marchés restent fragilisés, d’autant que la hausse des marchés obligataires touche probablement à sa fin. Rappelons que cette hausse fut, jusqu’à ce jour, un facteur de soutien indéniable pour les indices des actions.

Nous avons évoqué depuis quelques semaines le sentiment de plus en plus négatif des investisseurs, lesquels se réfugient dans des valeurs à faible volatilité et dans des obligations portant des signatures de haute qualité. Le constat est intéressant : les investisseurs tendent à éviter tout risque ; dès lors, ne peut-on pas se demander si cette stratégie suivie par la grande majorité est encore la bonne ? Se décaler, et regarder les perspectives de bénéfices attendus pour 2020, garder l’espoir d’une possible résolution du conflit commercial sino-américain pourrait être aujourd’hui une réflexion à entamer.

Certes, direz-vous, une démarche un peu iconoclaste au regard des lignes qui précèdent mais que l’investisseur se doit de prendre en compte. En général, mis à part 2018 qui fut une exception, le 4e trimestre est très souvent source de satisfaction pour les détenteurs d’actions !

Nous vous remercions de votre attention et vous souhaitons une agréable semaine.